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f15460 Adrien Di Pasquale 2026-03-31 10:43:24
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date: 2024-03-21
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key: ethique
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title: L’éthique
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## Moralité
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Les « agents moraux » sont les individus qui peuvent juger de la moralité de leurs actions, donc ils peuvent être tenus responsables d’infliger de la souffrance à d’autres individus.
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Les « patients moraux » sont les individus qui peuvent vivre des expériences positives ou négatives, donc subir des actions bonnes ou malveillantes.
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Les êtres humains sont à la fois des agents et des patients moraux.
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## Approches philosophiques et éthiques
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- Approche de l’éthique de la vertu : que ferait personne vertueuse ?
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- L’approche déontologie : comment respecter au mieux les règles morales et les droits ?
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- L’approche conséquentialiste / utilitariste : comment maximiser le bien-être et minimiser la souffrance de tous les individus ?
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- Le matérialisme analyse les rapports entre les groupes sociaux via leurs conditions matérielles d'existence cf plus bas
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## Le spécisme et l’anti spécisme
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Le spécisme est le fait de traiter désavantageusement ou de déconsidérer les animaux sur la base de leur espèce.
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Une sous-forme de spécisme consiste à traiter certains animaux moins bien que d’autres uniquement parce qu’ils appartiennent à une espèce plutôt qu’à une autre.
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Dans les deux cas, le spécisme est une discrimination des animaux en fonction de leur espèce.
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Les antispécistes s’opposent à ces idéologies car ces critères n’ont pas de lien avec les questions morales auxquelles ils tentent de répondre.
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Les antispécistes pensent que des critères plus pertinents pour décider comment se comporter avec un autre animal est sa capacité à ressentir la douleur et son intérêt à vivre.
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## Racisme & sexisme
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Le spécisme est comparable au racisme ou au sexisme : il implique un traitement désavantageux de certains individus sur la base d’un critère arbitraire et sans lien avec le traitement.
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Le spécisme est systémique : il est très intégré dans les institutions et les normes sociales, et il est très difficile de s’en défaire.
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## Les pseudo-spécismes
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Certaines idéologies proches du spécisme utilisent comme critère des capacités cognitives précises pour discriminer, par exemple la capacité à tenir des raisonnements complexes, ou à se projeter dans le futur.
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Les antispécistes s’opposent à ces idéologies pour la même raison que le spécisme : ces critères n’ont pas de lien avec les questions morales auxquelles ils tentent de répondre.
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Les antispécistes soutiennent que ces idéologies sont incohérentes : on accorde nettement plus de droits à des humains qui n’ont pas toutes ces capacités (par exemple les enfants ou certain·es handicapé·es).
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Il n’est pas possible de trouver une caractéristique qui justifierait le traitement supérieur de l’espèce humaine, cette caractéristique devrait être commune à tous les êtres humains mais à aucun autre animal.
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## Antispécisme et égalité
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Les antispécistes ne souhaitent pas traiter également tous les animaux et les humains, mais de traiter également des individus ayant des intérêts similaires, peu importe leur espèce.
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Les poules n’ont donc aucun intérêt à pouvoir voter, mais ont un intérêt à ne pas souffrir inutilement.
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<!-- En revanche, les plantes ne ressentent pas la douleur, donc elles n’ont pas d’intérêt à ne pas souffrir. -->
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## Le traitement préférentiel des proches
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On peut penser intuitivement qu’il est moralement acceptable de traiter préférentiellement d’autres humain·es en tant qu’humain·e, tout comme on traite préférentiellement les membres de sa famille.
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Ce raisonnement peut être déconstruit car la proximité biologique de deux individus d’une même espèce est très différente de la proximité sociale et émotionnelle de deux personnes d’une même famille.
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La proximité biologique pourrait aussi devenir un critère pour justifier le sexisme ou le racisme.
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Les antispécistes pensent qu’il n’est jamais moralement acceptable de faire primer des intérêts humains secondaires sur des intérêts animaux fondamentaux.
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Il est donc immoral pour une mère de voler la nourriture d’un autre enfant pour la donner au sien, tout comme il est immoral de tuer un animal pour le plaisir de le manger.
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## Le langage
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Notre langage contribue à la normalisation et l’acceptabilité de l’exploitation animale.
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On utilise des termes différents pour parler de concepts identiques chez les humains et les non-humains.
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Par exemple on dit « abattage » pour les animaux non-humains et « meurtre » pour les humains, ou encore « être enceinte » mais « être gestante ».
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Les noms d’animaux sont quasiment toujours utilisés pour dévaloriser.
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Par exemple tous les « noms d’oiseaux » sont des insultes
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Notre langage a aussi complètement normalisé l'euphémisation des violences envers les non-humains par exemple lorsqu’on parle de bien-être animal pour parler de conditions de vie déplorables, ou de « viande » pour parler de cadavres, de « cuir » pour parler de peau, de « soins » pour parler de mutilations.
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## Limites de l’humanisme
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De nombreux antispécistes rejettent l’humanisme qui peut être vu comme un suprémacisme humain, une organisation sociale où les humains ont des privilèges sur le reste des animaux.
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Ce qui est contesté ne sont pas les droits humains et la validité de lutter pour leur extension, mais le fait que ces droits ne soient pas partagés avec les autres animaux.
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Le sentientisme est un idéal universaliste plus juste que l’humanisme : il inclut tous les êtres qui ont des intérêts personnels et pas uniquement les humains.
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L’humanisme peut être comparé à l’androcentrisme qui considère le masculin comme l’universel. [^cupdeaxelle1]
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> « L'inclusion des animaux dans notre champ de considération morale et politique ne pourra se faire sans une remise en question de l'humanisme comme monopole illégitime de l'universel. »
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> Axelle Playoust-Braure & Yves Bonnardel
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> Solidarité animale
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## Le matérialisme
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La perspective matérialiste considère que la société est formée de classes sociales aux intérêts opposés, où les individus humanisés possèdent et exploitent des individus animalisés.
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Les classes sociales des humanisés et des animalisés ne sont pas des groupes fixes, définis biologiquement, mais le résultat de rapports de pouvoir qui changent selon l’époque et le lieu.
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L'idéologie spéciste qui essentialise et différencie ces classes légitime cette exploitation.
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Pour lutter efficacement contre les rapports de classe, il faut s'attaquer aux structures concrètes de la société qui déterminent le pouvoir, plutôt que de se concentrer uniquement sur la critique de l'idéologie. [^cupdeaxelle1]
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[^cupdeaxelle1]: [Épisode 9 du podcast Comme un poisson dans l’eau](https://commeunpoissondansleau.s321.top/episodes/09-le-specisme-c-est-pas-que-dans-la-tete-axelle-playoust-braure/) - Le spécisme, c'est pas (que) dans la tête ! avec Axelle Playoust-Braure